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Quid du mystérieux transfert des Palestiniens de Gaza à destination de Johannesburg?

Un vol avec 153 Palestiniens à bord a atterri dernièrement en Afrique du Sud, soulevant des questions sur un possible transfert forcé. Israël parle de départs volontaires, Pretoria soupçonne «une manœuvre de dépeuplement», avec au cœur de cette opération une organisation obscure qui se présente comme humanitaire.

 

«Départs volontaires», comme le prétendent les autorités israéliennes, ou «manœuvre de dépeuplement» et «mécanisme d’expulsion », comme le soupçonne Pretoria ? Toujours est-il qu’un mystère total enveloppe encore l’affaire de l’avion de la compagnie sud-africaine Global Airways qui a atterri le 23 novembre à l’aéroport de Johannesburg, avec à son bord 153 Palestiniens.

Ces Palestiniens sont-ils à la recherche d’une terre d’accueil pour fuir l’enfer de Gaza alors même qu’ils sont confrontés au dilemme de rester dans un territoire détruit ou de risquer un exode vers l’inconnu ? Ont-ils été embarqués par la force vers une destination inconnue ? Ont-ils été bernés par des organisations opaques et peu scrupuleuses dont l’ambition serait de vider Gaza sous l’ombre de coordination israélienne?

« Il s’agit manifestement d’une opération orchestrée, d’un plan visant à déplacer les Palestiniens vers différentes régions du monde », tranche le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola. D’autant plus que, selon l’ONG sud-africaine Gift of the Givers, un premier avion transportant 176 Palestiniens avait atterri à Johannesburg le 28 octobre dans des circonstances similaires.

Des passagers de nulle part

Examinons d’abord les faits. Sur les 153 Palestiniens qui sont arrivés après un voyage comprenant une escale au Kenya, 130 sont entrés sur le territoire avec un visa provisoire de 90 jours et les 23 autres ont décidé de prendre des vols de correspondance pour la destination de leur choix.

Selon des témoignages recueillis par la chaîne Al Jazeera, le voyage a clairement été coordonné par l’armée israélienne et comprenait une fouille minutieuse de leurs effets personnels au poste-frontière de Karem Abu Salem, au sud de Gaza. Des témoins ont également affirmé que les passagers ignoraient leur destination finale et ne pouvaient emporter qu’un téléphone, de l’argent liquide et un sac à dos.

Toujours selon le média qatari, des familles palestiniennes de Gaza ont payé entre 1 500 et 5 000 dollars par personne après avoir répondu à des annonces sur les réseaux sociaux. Elles sont transportées en bus depuis Rafah jusqu’à l’aéroport de Ramon et voyagent sans que leurs passeports ne soient tamponnés. Les paiements s’effectuent par virement vers des comptes individuels et les vols sont opérés par des avions roumains avec escale à Nairobi au Kenya, où existerait également une coordination avec les autorités locales.

Pendant près de douze heures, les passagers ont été retenus sur le tarmac, le temps que les services frontaliers tentent de comprendre comment ces passagers avaient pu arriver (sur le sol sud-africain) sans tampons de sortie, ni visas et sans billets de retour, avant que la police ne les autorise à fouler le sol sud-africain.

À noter que certains passagers palestiniens ont affirmé ne pas savoir qu’ils allaient en Afrique du Sud. Ils expliquent avoir payé environ 2 000 dollars par personne à une organisation qui se présente comme humanitaire nommée «Al-Majd Europe». Laquelle a fait de la publicité sur les réseaux sociaux miroitant aux familles désireuses de fuir la guerre et la misère à Gaza, l’espoir de les évacuer pour les relocaliser hors de l’enclave.

La main d’Israël

Qui se cache derrière cette mystérieuse organisation ? Selon les révélations du grand quotidien israélien Haaretz, l’organisation en question est dirigée par un ressortissant israélo-estonien, un certain Tomer Janar Lind, dont les liens avec une unité de l’armée israélienne chargée du transfert forcé des Palestiniens de Gaza ne sont un secret pour personne.

L’organisation en question présente de multiples irrégularités : son nom de domaine a été enregistré il y a seulement dix mois, son adresse e-mail ne fonctionne pas, elle utilise de fausses photos dans ses «histoires d’impact» et demande des virements vers des comptes personnels.

Toujours selon la même source connue pour son sérieux, cette unité, baptisée «Bureau de l’émigration volontaire», a été créée début 2025 sous l’égide du ministère israélien de la Défense afin de mettre en œuvre une politique visant à chasser les Palestiniens de leur terre natale.

À noter qu’Al-Majd Europe a rompu son silence en publiant un document dans lequel elle se définit comme une association fondée par des «réfugiés ayant fui des régimes dictatoriaux», tout en niant catégoriquement tout lien avec le Mossad.

Épuration ethnique

En effet, tout s’explique quand on se rappelle que ces mystérieux vols coïncident avec l’objectif de la politique de «départ volontaire» des Palestiniens de Gaza ; une politique crapuleuse que les autorités israéliennes auront institutionnalisée en mars dernier, en créant un bureau ad hoc dédié à l’exil forcé des Gazaouis au sein du ministère de la Défense. Une politique «d’épuration ethnique» dénoncée par les organisations de défense des droits humains.

Sans oublier, il va sans dire, que la politique israélienne marche sur les pas des suggestions controversées du président américain Donald Trump visant à transformer Gaza en une «Riviera du Moyen-Orient» par la réinstallation des Palestiniens dans des pays d’accueil. Le puzzle se met ainsi en place.

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Guerre en Ukraine : le plan de paix américain téléguidé par Moscou ?

La récente révélation par Bloomberg des échanges de Steve Witkoff- ami personnel de Donald Trump et investisseur immobilier promu diplomate- avec le conseiller diplomatique russe Iouri Ouchakov, illustre, s’il en était encore nécessaire, la proximité contre nature sur le dossier ukrainien entre Moscou et Washington. Eclairage.

L’étrange proximité des présidents américain et russe et la fascination qu’éprouve Donald Trump pour le maître du Kremlin, ne sont plus à prouver. Deux exemples illustrent d’une manière éclatante l’emprise de l’ancien officier du KGB, rompu aux techniques de manipulation, sur l’actuel locataire de la Maison Blanche. Un ascendant qui nourrit  des soupçons non vérifiés selon lesquels Moscou détiendrait des dossiers compromettants sur le milliardaire républicain.

La main  de Moscou

Premier exemple. Selon la presse internationale, le projet de plan de paix de 28 points pour l’Ukraine proposé par les Etats-Unis la semaine dernière- lequel prévoit notamment que Kiev cède les régions de Donetsk et Louhansk et que la Russie réintègre le G8- semble donner surtout satisfaction aux ambitions de Moscou, puisqu’il reprend presque mot par mot les exigences clefs formulées par les Russes.

Pis, ce projet se serait inspiré d’un document rédigé par Moscou soumis à l’administration Trump en octobre. Au point que Le Monde et le Guardian avancent que le texte anglais n’est qu’une traduction approximative du document russe.

Ainsi, selon les experts, certaines tournures paraissent maladroites en anglais mais logiques en russe. Ce qui alimente les spéculations sur l’origine de ce plan. Par exemple, le document américain utilise l’expression « it is expected », que l’on pourrait traduire par « il est attendu que ». Une tournure inhabituelle en anglais mais qui est parfaitement courante en russe.

Diplomatie parallèle

Pour rappel, et en dehors des canaux diplomatiques officiels, la feuille de route visant à mettre en œuvre un plan de paix en Ukraine sur la base de la logique générale des discussions entre Vladimir Poutine et Donald Trump, lors du sommet historique à Anchorage, en Alaska, a été élaborée lors d’une rencontre secrète à Miami, fin octobre, entre d’une part, Jared Kushner, le beau-fils du président américain qui a été mobilisé pour transposer sur l’Ukraine le modèle de médiation qu’il avait utilisé pour la libération des otages du Hamas; et Steve Witkoff, l’ami personnel et représentant spécial de Trump. Alors que, d’autre part, on retrouve l’envoyé russe Kirill Dmitriev.

A noter que ce document élaboré sans consultation ni de l’Ukraine ni de ses partenaires européens, aura provoqué un certain embarras dans l’administration américaine. Phil Gordon, ancien conseiller diplomatique à la Maison-Blanche, a critiqué pour sa part l’absence du Conseil de sécurité nationale dans la coordination de ce texte.

Les liaisons dangereuses

Deuxième exemple. Mardi 25 novembre, l’agence américaine Bloomberg a publié in extenso une conversation téléphonique troublante dans laquelle Steve Witkoff, l’ami du président américain, se montre très complaisant avec le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov. Le premier ayant conseillé «  son ami russe » sur la manière d’introduire auprès du président américain le plan de règlement du conflit.

Ainsi, pendant ce coup de fil de cinq minutes qui a eu lieu le 14 octobre, juste après l’accord de paix à Gaza, Steve Witkoff explique à son interlocuteur comment faire pour rallier Donald Trump au point de vue russe : « Ma recommandation », dit-il, « je ferais l’appel et je réaffirmerais simplement que tu félicites le président pour cette réussite [Gaza], que tu l’as soutenue, que tu respectes le fait qu’il est un homme de paix et que tu es vraiment heureux d’avoir vu cela se produire »; « je pense qu’à partir de là, ce sera un très bon appel »…

Faut-il rappeler que Steve Witkoff, qui est un ami de quarante ans de Donald Trump avec lequel il a travaillé dans l’immobilier et disputé de nombreuses parties de golf, a été promu diplomate en novembre 2024?  Invité surprise dans l’équipe du président américain, il s’est vu confier une première mission au Proche-Orient et a été l’un des artisans de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas entré en vigueur le 10 octobre dernier.

Pourtant, ces révélations n’ont pas choqué Donald Trump : « C’est un truc normal. Il doit vendre cela à l’Ukraine, il doit vendre l’Ukraine à la Russie. C’est ce que fait un négociateur […] j’imagine qu’il dit la même chose à l’Ukraine, car chaque partie doit donner et prendre », a justifié Donald Trump face à des journalistes, à bord de l’avion présidentiel.

Qui est à l’origine de la fuite ?

Pour résumer, le contenu de la conversation révélée mardi 25 novembre par Bloomberg entre Steve Witkoff et le conseiller de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, sur la meilleure façon de « vendre » à Trump un soi-disant plan de paix élaboré en majeure partie par Moscou, n’est pas vraiment une surprise. Tellement, pour l’actuelle administration américaine, les intérêts de Moscou l’emportent sur ceux de Kiev et de la sécurité en Europe.

Mais, la vraie leçon à tirer de la conversation surréaliste entre Witkoff et Ouchakov fuitée par l’agence Bloomberg,  c’est la façon condescendante, voire méprisante, avec laquelle le promoteur immobilier parle de son patron. Et ce, en conseillant au Russe de le flatter et de caresser son égo surdimensionné dans le sens du poil.

Reste la question non moins troublante : qui a fait fuiter la conversation entre les deux hommes ? Un conseiller de Trump agacé par la place prise par Witkoff ? Un service de renseignement européen effaré par la façon dont les Américains abandonnent l’Ukraine aux Russes ? Le Mossad ?  Dans tous les cas de figure, cela fait désordre.

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Sondage sur les Musulmans de France : les frontières poreuses entre religiosité et radicalisme

Un sondage réalisé par l’Ifop montre pour l’essentiel que contrairement à leurs aînés, les jeunes musulmans de France sont très nettement attirés par les formes les plus rigoristes de leur religion. Un constat vigoureusement contesté par le recteur de la grande Mosquée de Paris.

 

Faut-il prendre au sérieux les sondages en matière religieuse? Sachant que de manière générale, les croyants éprouvent une certaine pudeur à livrer à autrui ce qu’il y a de plus intime dans leur relation avec le Créateur.

Dans son ouvrage prophétique, « Le Choc des Civilisations », paru il y a presque 30 ans, Samuel Huntington évoqua une « Résurgence de l’islam » dans le monde arabo-musulman qui se propagera comme un feu de paille en Occident. Allant même jusqu’à comparer cette lame de fond à celle de la Révolution française, matrice des Lumières en Europe et au delà.

L’Histoire est-elle en train de confirmer les prédictions du penseur américain? Ce qui est certain, c’est qu’en espace de quatre décennies, l’Islam a gagné une place prépondérante au sein de la société française, devenant ainsi la deuxième religion en France derrière le catholicisme. C’est ce que révèlent les résultats de la récente enquête effectuée par l’Ifop.

L’islam, deuxième religion de France

Ainsi, entre 1985 et 2025, la proportion de musulmans au sein de la population française adulte est passée de 0,5 % à 7 %. Faisant de l’islam la deuxième religion de France après le catholicisme (43 %), mais devant le protestantisme (4 %). Cette croissance régulière s’inscrit dans un contexte plus large de recomposition du paysage religieux marqué par le recul du catholicisme et la montée des « sans religion » (37,5 %).

Force donc est de constater que les résultats de cette étude ne vont pas dans le sens des chantres du « Grand remplacement » qui assènent depuis des années l’idée erronée d’une présence massive des musulmans en France au point que les Français en viennent à croire qu’ils représentent 31 % de la population française.

Forte religiosité

L’enquête réalisée auprès de plus de 1 000 personnes de confession musulmane, révèle également que cette proportion croissante des fidèles musulmans en France va de pair avec une forte religiosité. C’est-à-dire une pratique régulière du culte par ses membres. 80 % des musulmans vivant dans l’Hexagone se déclarent religieux; contre 48 % des habitants se réclamant d’une autre religion. En sus, près des deux-tiers des fidèles à l’Islam affirment prier tous les jours; contre une moyenne de 18 % pour les adeptes des autres religions. Entre 1989 et 2025, le taux de fréquentation des mosquées a plus que doublé, passant de 16 % à 35 %.

Radicalité  croissante

Mais, là où le bât blesse, c’est que cette étude intitulée « État des lieux du rapport à l’Islam et à l’islamisme des musulmans de France : entre réislamisation et tentation islamiste », met en lumière un rigorisme croissant, notamment chez les jeunes musulmans. De même qu’elle démontre que la nouvelle génération est plus radicale que les précédentes.

Ainsi, les données révèlent une intensification des pratiques religieuses, un durcissement des positions sur les questions de mixité et une sympathie croissante pour les courants radicaux de l’islam politique. Au point que près d’un musulman sur deux (46 %) estime que la loi islamique doit être appliquée dans les pays où ils vivent, dont 15 % « intégralement quel que soit le pays dans lequel on vit » et 31 % « en partie » en l’adaptant aux règles du pays où on vit.

Pis : selon cette étude, un musulman sur trois (33 %) affiche de la sympathie pour au moins une mouvance islamiste, dont 24 % pour les Frères musulmans, 9 % pour le salafisme, 8 % pour le wahhabisme, 8 % pour le Tabligh, 6 % pour le Takfir et 3 % pour le djihadisme.

Toujours selon la même source, ce phénomène de radicalité se traduit dans la vie quotidienne des jeunes musulmans de France par une primauté des pratiques prescrites par la religion sur celles de la société. Ainsi, le jeûne quotidien pendant le mois saint du Ramadan est aujourd’hui observé par 73 % des fidèles, contre 60 % en 1989. 79 % des musulmans en France s’abstiennent de consommer de l’alcool. Ils étaient moins de 65 % en 1989.

Le voile, signe religieux ou identitaire ?

Dans ce registre, notons une plus forte radicalité chez les femmes que chez les hommes. Même si le port du voile reste une pratique à la fois minoritaire et irrégulière chez l’ensemble des musulmanes; il se banalise de plus en plus chez les jeunes. Ainsi, une musulmane sur deux âgée de 18 à 24 ans se voilent aujourd’hui. Soit trois fois plus qu’en 2003, année du grand débat sur son interdiction à l’Ecole publique.

D’autre part, 80 % des femmes portant le voile affirment se vêtir pour respecter une obligation religieuse. 38 % le font pour montrer « leur appartenance à leur religion » et un besoin de protection face aux pressions pesant sur les femmes dans l’espace public. A savoir que : 44 % disent le porter pour « ne pas attirer le regard des hommes »; 42 % pour « se sentir en sécurité »; 15 % pour « ne pas être perçue comme une femme impudique »; et 2 % « sous la pression directe de proches ».

« L’islam lu dans le noir »

Rappelons enfin que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a rapidement réagi à cette étude Ifop. Dans une tribune intitulée « Quand l’islam est lu dans le noir », il admet qu’une partie des jeunes musulmans pratique « davantage qu’hier. Ils prient, ils jeûnent, ils se réclament d’un sens plus profond que le seul consumérisme. Il y a là une recherche, peut-être une inquiétude, certainement un besoin d’idéal et de repères. Mais prêter à cette quête une intention politique relève du contresens ».

Toutefois, cette autorité religieuse rappelle une précédente enquête du même institut de sondage, en septembre, qui assurait « qu’une écrasante majorité de musulmans reste attachée à la République et hostile à toute violence religieuse. Et que trois musulmans sur quatre ne mettent aucun projet politique derrière le mot « charia »» . Et de conclure non sans pertinence : « A mal poser les questions, on finit toujours par fabriquer les peurs qu’on prétend mesurer ».

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