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Le monopole digital de l’État

Le président de la République évoque souvent des monopoles économiques et de l’économie de rente. Toutefois, on oublie souvent que l’État lui-même pratique le monopole à outrance. 

Le digital a réalisé en 2024, selon la BCT et l’INS, 12% du PIB et autant que le tourisme ou le pétrole et les phosphates réunis.

En 2025, le nombre d’étudiants inscrits dans les différentes branches digitales est 34 000, dont 15% dans le secteur privé, composé de 128 institutions universitaires. Avec 8 à 12 000 ingénieurs diplômés par an, dont 1 500 partent à l’étranger et particulièrement en Europe, France et Allemagne en tête.

La Tunisie est classée premier pays en Afrique en nombre d’ingénieurs diplômés par an, dont 52% de femmes, ce qui constituerait le taux le plus élevé dans le monde. Sachant que ce taux ne dépasse pas 25% dans les pays de l’OCDE.

La Tunisie est exportatrice nette de logiciels made in Tunisia et le centre africain le plus important pour la disponibilité des ingénieurs trilingues, et attire plusieurs entreprises internationales telles que Sofrecom, Actia, Sopra, voire africaines particulièrement du Maroc, grâce au nombre d’ingénieurs, à la compétence et au coût de formation –  en moyenne 500 euros nets par mois pour un jeune ingénieur. Soit le prix le plus bas dans toute l’Afrique.

D’ailleurs, si l’éditeur chinois FOXIT a décidé de s’implémenter en Tunisie pour pénétrer le marché africain, c’est sans doute après avoir pris en considération ces avantages.

À noter que la Tunisie dispose d’une start-up qui a développé une solution complète de signature électronique et de PKI. Qui dispose d’un agrément du ministère des Technologies de la communication, mais, comble du paradoxe, n’a jamais pu offrir ses services en Tunisie, car elle doit avoir la signature de l’opérateur public, à savoir l’Agence nationale de certification électronique (ANCE). Que certains acteurs accusent d’être “juge et partie“.

La start-up dont on parle n’est autre que Ng Sign, qui n’a jamais pu exercer comme “opérateur privé de PKI“, alors que sa solution a été déployée au Bénin et ses prestations ont été faites et appréciées au Burkina Faso, en Mauritanie et en RDC.

C’est ainsi donc que le monopole du secteur public freine les jeunes, favorise les opérateurs étrangers (y compris chinois), et par ricochet pénalise les produits logiciels “Made in Tunisia“.

D’ailleurs, on remarque souvent un diplomate ou un ministre tunisien manifester sa fierté de recevoir un opérateur digital étranger et s’afficher avec lui en photo, mais rarement ou jamais avec un jeune entrepreneur ou une start-up tunisienne.

Rappelons qu’une entreprise tunisienne éditrice de solutions pour finances publiques vient de remporter, coup sur coup, deux projets de Gestion fiscale en Gambie pour 8 millions de dollars américains, et au Burundi pour 3 millions de dollars. Mais à notre connaissance, aucun responsable ou ministre n’a reçu le chef d’entreprise en question pour le féliciter et pour poser avec lui. Or, ce chef d’entreprise a été reçu par le ministre gambien des Finances en Gambie, et, SVP, avec en plus un reportage diffusé dans le journal télévisé le soir.

À noter cependant que l’ambassade de Tunisie au Sénégal, très active dans la diplomatie économique, a publié l’information sur sa page Facebook.

Les opérateurs du digital disent mériter davantage d’attention et plus d’encouragement, car il s’agit du secteur économique qui réalise la plus grande transformation de la Tunisie, d’une économie industrielle vers une économie de services, aujourd’hui plus que jamais considérée comme un véritable moteur de développement aussi bien inclusif que durable.

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