Après la convocation de l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, par le président de république Kaïs Saïed, l’ambassadrice des Pays-Bas, Josephine Frantzen, a été convoquée à son tour par le ministre des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l’étranger, Mohamed Ali Nafti (photo). On leur a reproché des manquements aux obligations diplomatiques.
Latif Belhedi
Cette seconde convocation fait suite aux instructions du président Saïed, qui exigeait une protestation formelle pour non-respect des règles du travail diplomatique et ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie.
Les deux diplomates, et à travers eux, tous leurs collègues en poste à Tunis sont désormais tenus de respecter scrupuleusement les protocoles établis et de s’abstenir de toute action pouvant être interprétée comme une ingérence dans les affaires intérieures.
Cette crise diplomatique intervient dans un contexte de tensions entre Tunis et plusieurs capitales européennes qui ont fait part de leurs inquiétudes face à ce que les opposants tunisiens appellent une «dérive autoritaire» du régime qui «met fin aux acquis démocratiques de la révolution de 2011 », selon leurs termes.
L’accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne, signé en 1995, fête cette année son 30e anniversaire et les relations entre les deux parties semblaient, jusque-là, au beau fixe, notamment sur les plans économique, social et culturel, la Tunisie coopérant activement dans la lutte contre l’immigration irrégulière et dans la mise en place de grands projets d’énergies renouvelables financés par l’Europe et dont elle serait bientôt le principal bénéficiaire.
Jusqu’où ne pas aller
Jusque-là, la Commission européenne s’est gardée d’exprimer la moindre réserve concernant la situation politique en Tunisie, dans un souci compréhensible de préserver ses intérêts vitaux dans notre pays. Seuls, donc, le parlement, la société civile et les médias européens ont critiqué la gestion autoritaire des affaires publiques en Tunisie. Ce qui laisse penser que la crise diplomatique actuelle ne risque pas de jeter une ombre sur les relations entre Tunis et Bruxelles, l’Union européenne semblant avoir clairement adoubé Saïed sans réserve ni états d’âme.
Seule conséquence prévisible de cette crise passagère : les diplomates étrangers en poste à Tunis connaissent désormais les limites de leur fonction et jusqu’où ils ne peuvent pas aller. Quant aux opposants au régime en place à Tunis, qui parient sur une détérioration des relations entre le président Saïed et ses principaux partenaires et soutiens internationaux, les Européens en l’occurrence, il y a fort à parier qu’ils seront bientôt déçus.
Des courriers électroniques (emails) récemment déclassifiés, issus des archives du financier décédé Jeffrey Epstein, condamné pour agressions sexuelles sur mineurs et resté jusqu’au bout imbriqué aux cercles du pouvoir américain, révèlent un monde occulte où convergent les intérêts des élites politiques, financières, intellectuelles et culturelles des États-Unis. Un microcosme qui vit en vase clos, dont les membres se cooptent, se rendent service pour se maintenir au sein de cette classe dirigeante et dominante et où l’entre-soi règne en maître.
Imed Bahri
Dans une analyse publiée par le New York Times, Anand Giridharadas soutient que les milliers de mails rendus publics dressent un tableau plus large et plus inquiétant d’un système élitiste trans-institutionnel qui a permis à Epstein de retrouver une position de pouvoir après sa première condamnation et sa première incarcération en Floride pour abus sexuels sur mineurs en 2008 et a contribué à ancrer une culture tolérant les préjudices et les inégalités lorsque cela sert ses intérêts.
Selon le NYT, ces messages contenaient les noms de personnes ayant correspondu avec Epstein, parmi lesquelles des universitaires de renom, des diplomates chevronnés, des milliardaires, d’anciens responsables gouvernementaux, des personnalités médiatiques, des philosophes, des écrivains, des scientifiques et des figures de proue des secteurs des affaires et de la technologie.
Giridharadas met toutefois en garde contre le caractère trompeur de cette liste. Il soutient que la grande majorité de ces personnes ont, pendant des décennies, fermé les yeux sur d’autres maux graves, des crises financières successives aux guerres ratées, en passant par l’érosion du contrat social, les catastrophes technologiques et le creusement des inégalités sociales.
Une cécité sélective
Dans ce contexte, Giridharadas, journaliste américain, estime que le fait de passer sous silence les crimes d’Epstein n’est qu’un maillon de plus d’une longue chaîne de «cécité sélective» qui caractérise les agissements de cette élite.
Selon lui, l’expression «classe Epstein» , forgée par le député Ro Khanna, n’est ni une description simpliste ni une incitation à la lutte des classes, comme certains le prétendent, mais bien un diagnostic précis d’une classe dirigeante opérant au sein d’un réseau interconnecté reliant hommes d’affaires, politiciens, universitaires, personnalités médiatiques, diplomates et financiers.
D’après ces mails, cette classe partage des incitations et des comportements fondés sur l’échange d’influence, la protection de l’image de soi et l’octroi d’opportunités répétées à ses membres, tout en privant de larges pans de la société de toute possibilité d’ascension sociale.
Les mails révèlent une grande diversité idéologique parmi les correspondants. Cependant, l’auteur soutient que cette diversité masque une unité plus profonde et fondamentale : ils appartiennent tous à une élite transnationale, grands voyageurs, qui trouvent dans le mouvement constant un terrain d’échange d’influence et d’intérêts.
L’auteur les décrit comme une classe experte dans la transformation du capital intellectuel en capital financier, des relations en accords et du statut en nouvelles opportunités.
Il estime qu’Epstein a prospéré dans ce milieu car il en maîtrisait parfaitement le langage social, qui commence par un rituel particulier mais essentiel : l’échange de «points de situation de voyage». L’élite qui communiquait avec lui échangeait constamment des messages tels que : «Je viens d’arriver à New York», «Je serai à Dubaï», «Serez-vous à Tucson (ville de l’Arizona, Ndlr) le 7?». Ces détails, selon l’auteur, ne sont pas de simples politesses, mais plutôt les clés pour amorcer une série de rencontres, d’accords et de faveurs. Connaître les déplacements des autres est une forme de soft power, permettant l’échange d’opportunités et d’informations.
Toutefois, ce mouvement n’est qu’un premier pas. La véritable monnaie d’échange de cette classe est le «privilège» ou «l’information». Plus l’information publique est accessible, plus les connaissances non publiées ou confidentielles prennent de la valeur.
Les mails révèlent que plusieurs personnalités –banquiers, universitaires et initiés politiques– offraient à Epstein des informations en guise de témoignage d’intérêt pour rejoindre son réseau ou y maintenir leurs liens. En retour, Epstein leur proposait ses relations, ses arrangements, des opportunités, et parfois simplement un sentiment de proximité avec le pouvoir.
Gridaradas décrit ce processus comme un «échange capitaliste multidirectionnel» où les personnes intelligentes recherchent l’argent, les riches veulent paraître intelligents, les politiciens cherchent de nouveaux contacts, et ceux dont la réputation est ternie –comme Epstein– cherchent à redorer leur image grâce à des liens étroits avec des personnes du monde universitaire ou gouvernemental.
Ce schéma est clairement visible dans la relation triangulaire entre Epstein, l’économiste Lawrence Summers (ancien président secrétaire d’État au Trésor de l’administration Clinton et ancien président de Harvard) et son épouse, Elissa New. Ils échangeaient des invitations et des contacts universitaires contre la légitimité et l’accès à des institutions influentes que leur conférait leur présence dans son réseau.
Les mails révèlent également les dynamiques de pouvoir occultes qui régissent ce monde. Plus une personne occupe une position sociale élevée, moins elle accorde d’importance à la précision linguistique et plus elle a tendance à feindre une occupation constante ou à minimiser l’importance des informations qu’elle reçoit.
L’influence se manifeste par de petits détails, comme le format des courriels portant des signatures telles que « Envoyé de l’ordinateur du Président ».
Giridharadas souligne que l’élite qui correspond avec Epstein n’est pas unie par des valeurs politiques ou morales communes mais plutôt par un fort sentiment de loyauté de classe. Des personnalités en vue qui s’opposent publiquement à la corruption et aux inégalités recherchent secrètement ses faveurs ou ses conseils.
Parmi les exemples les plus frappants, citons le journaliste Michael Wolff, qui a conseillé Epstein sur l’amélioration de son image publique, et Kenneth Starr, qui a accusé le président Bill Clinton d’inconduite sexuelle avant de devenir l’un des défenseurs d’Epstein.
Même les rivalités politiques apparentes n’ont pas empêché la convergence d’intérêts, comme en témoignent les tentatives d’Epstein de nouer une relation avec Steve Bannon afin de soutenir ses projets de réglementation des cryptomonnaies.
L’un des exemples les plus révélateurs des méandres de cette culture est la communication d’Epstein avec Katherine Rumler, ancienne conseillère à la Maison-Blanche sous la présidence de Barack Obama, devenue par la suite directrice juridique de Goldman Sachs.
Alors que Rumler envisageait une nomination au poste de procureure générale en 2014, elle a sollicité les conseils d’Epstein concernant ses options et ce, malgré sa condamnation de 2008.
Ces mails révèlent un mélange de discussions autour d’une prime à la signature de plusieurs millions de dollars, de questions juridiques relatives aux pouvoirs d’urgence de Trump et de remarques sarcastiques sur les personnes en surpoids, un paradoxe qui illustre comment l’arrogance des élites peut être exploitée à des fins d’investissement, Goldman Sachs ayant par la suite décrit le marché des médicaments contre l’obésité comme un marché de 100 milliards de dollars.
L’auteur estime que ces courriels revêtent une importance qui dépasse la simple curiosité du public car ils offrent un aperçu exceptionnellement clair de la mentalité d’une classe dirigeante qui a longtemps œuvré en coulisses pour préserver ses privilèges et qui, par ses pratiques, a renforcé la perception du public selon laquelle les institutions servent des intérêts particuliers.
Tandis que les politiciens populistes exploitent cette colère pour attiser les divisions, les survivantes d’Epstein, par leur courage et leur engagement envers la vérité, ont présenté un contre-récit à l’apathie ambiante et porté un coup dur au système de privilèges qui a permis à Epstein et à d’autres d’échapper à leurs responsabilités.
Il y a des coïncidences qui ne sont jamais des coïncidences. 2025 est une année étrange où ‘‘Le Roi Lear’’ semble avoir décidé de refaire le tour du monde comme un vieux fantôme venu réclamer ses dettes. Le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, l’Égypte, l’Iran… partout, le même cri shakespearien : quand le pouvoir délire, le royaume s’effondre. Même Jung n’aurait pas rêvé un symbole aussi discipliné.
Manel Albouchi
Aux Journées théâtrales de Carthage (JTC 2025), à deux reprises sur la même scène du Théâtre de l’Opéra de la Cité de la culture, ce n’est pas un spectacle que nous avons vu : c’est un diagnostic, presque une IRM du psychisme collectif.
Le mythe est revenu parce que les peuples n’arrivent plus à contenir ce qu’ils sentent approcher.
‘’Le Roi Lear’’ égyptien : le père épuisé
Le 22 novembre, l’Égypte ouvre le bal à l’Opéra de Tunis avec la pièce de Shakespeare, mise en scène de Shadi Sorour, avec le grand Yahia Fakharani dans le rôle-titre.
Ce Lear-là était un roi épuisé, entouré de courtisans qui parlent trop et comprennent trop peu. Un patriarche qui cherche l’amour dans la flatterie, la vérité dans le mensonge comme tant de pouvoirs contemporains qui confondent adhésion et obéissance.
Dans le silence de la salle, on sentait le malaise : ce roi ne tombait pas seul, il tombait avec nous.
‘‘Le Roi Lear’’ iranien : l’opéra du chaos
Le 26 novembre, place au spectacle musical iranien, mis en scène par Aylika Abdelrazghi, produit par Ali Oji, avec le prodigieux Mohammad Reza Yazdani.
Deux heures où Shakespeare devient une partition, où la musique et le son de guitare électrique amplifie la folie du pouvoir mieux que n’importe quel éditorial politique.
Ici, on entrait dans un Lear mystique, traversé de fractures intérieures. Ce n’était pas seulement un roi qui s’effondrait : c’était une âme en crise frappée par la vérité qu’il avait trop longtemps refusée.
Là où l’Égypte montrait un père, l’Iran montre un système : un royaume qui se dévore lui-même, une scène qui résonne comme un bulletin d’actualité que l’on aurait préféré ne pas comprendre.
Pourquoi Lear revient toujours quand le monde vacille ?
Chaque fois que ‘‘Le Roi Lear’’ réapparaît massivement dans le monde, l’Histoire semble vivre une torsion particulière :
– 1606 : épidémies, complots, crise de succession en Angleterre;
– 1940-45 : seconde guerre mondiale, chute des empires européens;
– 1968-1975 : révoltes étudiantes, fin du colonialisme, crises politiques mondiales;
– 2019-2020 : pandémie, effondrement des certitudes, défaillance des leaderships;
– 2025 : instabilité politique généralisée, confusion morale, perte de repères et montée des extrêmes.
Comme si Shakespeare avait créé un sismographe de la conscience collective : quand les rois perdent la tête, Lear sort de son tombeau.
Les archétypes d’un pouvoir qui ne tient plus
Jung nous a appris que les mythes reviennent quand les angoisses ne sont pas symbolisées.
En 2025, Lear n’est plus seulement un personnage : c’est l’archétype du Vieux Roi, celui qui croit gouverner alors que tout s’effrite, celui qui s’entoure de flatteurs et punit la vérité, celui qui abdique sans comprendre qu’il renonce à son âme, celui qui confond amour et loyauté automatique.
Marie-Louise von Franz, élève de Young, écrivait que la mort du vieux souverain est la condition de naissance d’un nouveau centre psychique.
Nous y sommes.
Goneril et Regan, les deux filles perfides du Roi Lear ne sont pas des «méchantes». Ce sont les forces qui prennent le pouvoir quand la conscience vacille : ambition sans limites, manipulation affective, lutte clanique, loyautés toxiques.
Elles sont les populismes qui grimpent quand le royaume n’a plus de centre, les clans qui dévorent un pays quand l’autorité symbolique s’effondre.
Cordelia, la plus jeune fille du Roi Lear, ne flatte pas. Elle dit ce qui est vrai. C’est pour cela qu’elle est rejetée.
Elle est le Soi jungien : la vérité psychique, l’axe intérieur, la conscience profonde qu’on sacrifie par paresse morale. Et quand Lear la retrouve, il retrouve son âme mais trop tard.
Peut-être est-ce ainsi que renaissent les mondes : par une vérité qu’on entend seulement après l’effondrement.
Pour Jung, toute transformation commence par la nigredo : la noirceur, le chaos, la décomposition de l’ancien monde.
La tempête de Lear n’est pas une météo. C’est la tempête de 2025 : guerres, crises de valeurs, autorité en chute libre, solitude numérique, fatigue morale extrême.
Dans ces tempêtes-là, on ne devient pas fou : on devient lucide au prix fort.
Ce que »Le Roi Lear » révèle de nous
Au fond, parler de Lear en 2025 revient à poser une question simple et dangereuse : avons-nous encore des rois lucides, ou seulement des royaumes qui dégringolent ?
Le théâtre a répondu avant nous. Il a montré un patriarche aveugle, un système qui s’effondre, un peuple qui paie le prix. Et il nous murmure : «Si vous ne réglez pas vos complexes de pouvoir, l’Histoire le fera pour vous. Généralement sans préavis.»
Avec ‘‘Le Roi Lear’’, les JTC 2025 n’ont pas simplement inauguré une édition. Elles ont diagnostiqué un monde malade, et nous ont tendu un miroir que personne ne voulait vraiment regarder.
Comme toujours, Shakespeare gagne. Et nous, nous sortons du théâtre un peu plus conscients… ou un peu plus inquiets. La frontière entre les deux est, elle aussi, tragiquement shakespearienne.
Considéré comme l’un des pères du cinéma africain, le cinéaste malien Souleymane Cissé (1940-2025) est à l’honneur de la 36ᵉ édition des JCC, qui lui rend hommage à travers la projection de trois de ses films emblématiques.
Les JCC prévoient ainsi la projection de Den Muso (1975), Finyè (1982) et Yeelen (1987) ainsi qu’une exposition dédiée à son univers cinématographique.
L’hommage rendu à Cissé est rehaussé par la présence de la réalisatrice Fatou Cissé qui présentera son film « Hommage d’une fille à son père », une œuvre qui retrace l’enfance, la jeunesse et le travail du réalisateur Souleymane Cissé et qui révèle les moments qui ont façonné sa vision cinématographique et son influence sur l’histoire du cinéma africain.
L’examen de l’affaire de l’association Nama Tounes a été reporté par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis
La justice a par ailleurs rejeté les demandes de libération des accusés dans cette affaire, parmi lesquels on compte Abdelkarim Slimane, président de l’association précitée, précise Mosaïque FM, citant une source ce vendredi 28 novembre 2025.
Rappelons que cette affaire est liée à une enquête pour blanchiment d’argent et financements étrangers suspects, dont les montant s’élèvent à plusieurs millions de dinars tunisiens.
Le Tunis International Center for Digital Cultural Economy (TICDCE) a participé avec une sélection de projets culturels numériques à la manifestation promotionnelle dédiée à la valorisation des produits et services tunisiens, organisée au siège de l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève les 26 et 27 novembre 2025.
Le TICDCE a également été représenté par la startup Inventend Technology, incubée au sein du centre, à travers la présence de M. Mohamed El Beyouli et de Mme Nourhene Jlassi. Ils ont présenté plusieurs projets numériques, ainsi que des expériences immersives avancées permettant d’effectuer des visites virtuelles de sites, monuments et espaces patrimoniaux, culturels et touristiques, en s’appuyant sur les technologies de la réalité mixte (MR) et de la réalité augmentée (AR), enrichies par des solutions innovantes d’intelligence artificielle.
Les visiteurs ont exprimé leur admiration pour les productions et projets présentés par le centre et par les startups qu’il accompagne, mettant en valeur la richesse du patrimoine culturel tunisien.
Parmi les présents figuraient M. Samir Obaid, ministre du Commerce et du Développement des Exportations, ainsi que Mme Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, qui ont eux aussi exprimé leur appréciation pour ces expériences culturelles numériques innovantes.
La police a arrêté les individus qui ont caillassé une rame de métro, jeudi au niveau de la station El Omrane Supérieur, sur la ligne 5, alors que le véhicule se dirigeait vers la station Barcelone.
Ces jets de pierres ont causé des dégâts et l’arrêt temporaire du service pendant 20 minutes, indique la Société des Transports de Tunis (Transtu) dans un communiqué ce vendredi 28 novembre 2025.
La même source a appelé à la coopération afin de prévenir de tels actes de vandalisme, qui mettent également en danger la sécurité des passagers, ajoutant qu’elle ne fera preuve d’aucune tolérance et saisira la justice afin de garantir la continuité et la sécurité du service public de transport.
À la suite des récents développements dans l’affaire de « complot contre la sûreté de l’État », et suite au verdicts prononcés par la Cour d’appel la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH) a exprimé sa profonde inquiétude.
Dans son communiqué publié vendredi 28 novembre 2025, la LTDH estime que les peines rendues par la Cour d’appel sont extrêmement sévères, tout en pointant du doigt l’absence totale des conditions d’un procès équitable.
La LTDH a de ce fait exprimé sa profonde inquiétude « devant une procédure menée sans les garanties minimales d’un jugement juste, sans respect des droits de la défense, sans confrontations, sans plaidoiries, et sans que les détenus aient été présentés devant la chambre, ce qui constitue une violation flagrante de la Constitution, de la loi et des standards internationaux relatifs aux droits humains », lit-on dans le communiqué.
La Ligue qui dénonce des irrégularités graves à tous les niveaux du procès, dénonce par ailleurs la nature politique des verdicts rendus et estime que les décisions prononcées ne visent qu’à réprimer le travail politique, réduire au silence les opposants, et étouffer les voix dissidentes.
La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires terroristes près la Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict définitif concernant les accusés dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État.
Ci-dessous le détail des peines prononcées à l’aube de ce vendredi 28 novembre 2025 :
Accusés en détention :
Kamel Ben Youssef Ben Slimane Eltaïef : 30 ans, amende de 100 000 dinars, 5 ans de surveillance administrative (66 ans en première instance).
Noureddine Abdallah Salem Bhiri : 25 ans, 5 ans de surveillance administrative (43 ans en première instance).
Issam Ben Abdelaziz Ben Ahmed Chebbi : 20 ans, 5 ans de surveillance administrative (18 ans en première instance).
Abdelhamid Ben El Kader Ben Mohamed Jlassi : 10 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Jawhar Ben Ezzedine Ben Mohamed Habib Ben Mbarek : 20 ans, 5 ans de surveillance administrative (18 ans en première instance).
Ghazi Ben Mohamed Ben El Hadi Chaouachi : 20 ans, 5 ans de surveillance administrative (18 ans en première instance).
Ridha Ben El Bechir Mohamed Belhaj : 20 ans, 5 ans de surveillance administrative (18 ans en première instance).
Abdelhamid Ben El Kader Ben Mohamed Jlassi : 10 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Ali Mahjoub Mohamed Hlioui : 33 ans (confirmé).
Ridha Ali Jilani Cherefeddine : 2 ans, plus 3 mois de surveillance administrative (16 ans en première instance).
Sahbi Messaoud Salem Atig : 10 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Seyed Mohamed Bouraoui Ferjani : 10 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Kamel Bechir Mohamed Bedoui : 13 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance)
Accusés en liberté :
Ahmed Néjib Abdelaziz Ahmed Chebbi : 12 ans, 5 ans de surveillance administrative (18 ans en première instance).
Chaima Issa Ibrahim Ben Behki : 20 ans, amende de 50 000 dinars, confiscation des fonds (18 ans en première instance).
Mohamed El Azhari El Akrimi : non-lieu (8 ans en première instance).
Chokri Ben Issa Bahriya : 19 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Ayachi Ahmed Rabah Hammami : 5 ans, 2 ans de surveillance administrative (8 ans en première instance).
Mhamed Mabrouk Mohamed Hamdi : 17 ans, amende de 20 000 dinars, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Noureddine Ahmed Younes Boutar : non-lieu (10 ans en première instance).
Karim Farid Laurent Ben Mohamed Gellati : 35 ans, amende de 50 000 dinars, 5 ans de surveillance administrative (25 ans en première instance).
Mohamed Bechir Mohamed Bedoui : 13 ans, 5 ans de surveillance administrative (13 ans en première instance).
Accusés en fuite (peines de 33 ans avec exécution immédiate confirmées) :
Hamza Mohamed Rajeb Ali El Moaddab
Mongi Salah El Arbi Dhouadi
Kamel Salem Saïd El Guizani
Ridha Mahmoud Mohamed Idriss
Mustapha Kamel El Haj Ali Ennaabli
Kawthar Mohamed El Kamel Amara Eddaassi
Mohamed Abderraouf Abderrahmane Mohamed El Wassif Khalfallah
Abd El Majid Omar Ahmed Ezzar
Tasnim Rached Mohamed El Khrigi
Nadia El Bajy Hattab Akrache
Rafik Ahmed Abderrahmane Chaabouni
Peines aggravées pour certains accusés en fuite :
Najla Abdelatif Khalifa Eltaïef : 43 ans, amende de 50 000 dinars, 5 ans de surveillance administrative (33 ans en première instance).
Bernard-Henri Lévy : 43 ans, 5 ans de surveillance administrative (33 ans en première instance).
Bochra Belhaj Hmida : 33 ans, amende de 50 000 dinars, 5 ans de surveillance administrative (confirmé).
En réponse à la résolution du Parlement européen dénonçant «la détérioration de l’État de droit et la situation des droits humains en Tunisie, en particulier le cas de Sonia Dahmani», le président de la république Kaïs Saïed a rappelé que «la Tunisie est un Etat indépendant et souverain» et réitéré son «rejet catégorique de toute forme d’ingérence dans ses affaires intérieures.»Vidéo.
Recevant le ministre des affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, hier, jeudi 27 novembre 2025, au palais de Carthage, quelques heures après l’annonce de la résolution européenne, le chef de l’Etat s’est insurgé contre «ceux qui s’évertuent à faire remonter le temps et affichent encore une posture hautaine et colonialiste envers notre pays». «Leurs manœuvres et leurs agendas suspects sont voués à l’échec cinglant», a-t-il lancé, ajoutant qu’«ils se trompent d’adresse».
Kaïs Saïed a fait aussi savoir que «la Tunisie restera à jamais libre et indépendante malgré les complots qui se trament et contrevérités fusant de tous bords.»
Tout en assurant qu’«aujourd’hui c’est l’heure de vérité», le président Saïed a fustigé la rhétorique colonialiste des donneurs de leçons qui s’arrogent le droit de «classer les pays en bons et mauvais élèves.»
Le président de la République n’a pas manqué, par ailleurs, de dénoncer, une nouvelle fois, certaines parties à la solde de l’étranger qui n’ont de cesse de recevoir de sommes colossales d’argent dans le faux espoir de devenir les véritables décideurs, faisant ici allusion à certains opposants politiques et acteurs de la société civile qu’il accuse de comploter contre le régime qu’il a mis en place au lendemain de la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2025.
«Qu’ils se réveillent de leurs illusions», a lancé le chef de l’Etat, soulignant que la Tunisie «n’est ni une ferme ni un verger, ni une terre sans maître».
Poursuivant son attaque contre les puissances coloniales qui s’acharnent à diviser les peuples en «civilisés» et «barbares», SaÏed a ajouté que ces peuples sont résolus aujourd’hui à défendre leur indépendance.
Tout en rappelant, par la même occasion, «la vive protestation» qu’il a exprimée il y a deux jours en recevant l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, le chef de l’Etat a chargé le ministre des Affaires étrangères d’en transmettre une autre à «la représentante d’un État étranger» accréditée en Tunisie qu’il n’a pas désignée nommément.
Une protestation ferme et vigoureuse, a-t-il poursuivi, sera également adressée à ceux qui n’ont pas respecté les règles diplomatiques, la souveraineté de notre peuple et qui ont bafoué les règles élémentaires régissant les relations entre États.
Tout en soulignant que ces pratiques sont inacceptables, le président de la République a fait porter à leurs auteurs la pleine et entière responsabilité de leurs agissements.
«Nous sommes souverains. Nous n’hésiterons jamais à exprimer haut et fort nos positions», a fait savoir le président Saïed, rappelant que «la souveraineté nationale n’est pas négociable.»
Evoquant la réunion du Parlement européen tenue, jeudi, Saïed y a vu «une tentative d’ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Tunisie», en soulignant que les Européens «ont beaucoup à apprendre de notre pays en matière de droits et de libertés.»
«Quiconque ose défier notre pays aura une réponse qui lui sied», a conclu le président Saïed sur un ton de défi.
Dimanche 30 novembre 2025, les amateurs de la course à pied ont rendez-vous avec le 38eMarathon Comar Tunis-Carthage avec ses 4 courses : Marathon (42 km), Semi-Marathon (21 Km), Course pour tous (5km) et Kids Marathon (1 Km), auxquelles participeront des athlètes accomplis, professionnels et amateurs, nationaux et internationaux, et des coureurs du dimanche de tous âges (enfants, jeunes, adultes et séniors) et de toutes conditions.
Les organisateurs tablent cette année sur une très importante participation et ambitionnent de dépasser 10 000 coureurs (dont 1500 étrangers) contre un peu plus de 8000 l’année dernière (dont 1058 étrangers un an auparavant, en provenance de 50 pays (contre 45 en 20224).
Les inscriptions se poursuivent à un rythme effréné et il y a de fortes chances que le départ, dimanche matin, sera très animé et en présence de nombreux spectateurs, tunisiens et étrangers venus à cette occasion pour accompagner leurs champions. Il reste à espérer que la météo soit clémente et que le ciel soit un peu plus dégagé qu’il l’a été 48 heures avant le signal de départ.
Ce vendredi matin, et malgré la pluie, les organisateurs et leurs partenaires, institutionnels et sponsors, ont assisté à l’ouverture du village marathon devant le siège des Assurances Comar, l’entreprise organisatrice, près de la gare du TGM, au centre-ville de Tunis.
Plusieurs athlètes et coureurs inscrits étaient venus tâter l’ambiance et se mettre déjà dans le bain. Ils ont déambulé entre les stands, discuter avec les organisateurs, les exposants et le public des badauds.
Malgré le froid de l’hiver, qui est souvent clément sous le ciel méditerranéen, la fête s’annonce chaude et colorée. Alors, pourquoi bouder son plaisir quand on peut se payer un bain de foule et partager des moments de bonheur. Au-delà de la compétition, qui s’annonce serrée entre les coureurs africains subsahariens, nord-africains et européens, c’est la joie d’être ensemble et de partager un moment de convivialité et d’amitié sincère qui restera gravée dans tous les esprits, qu’il s’agisse de coureurs ou de spectateurs. Et c’est là le charme et la magie de ce grand événement sportif outdoor, sans doute le plus important en Tunisie.
La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires terroristes près la Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict définitif, à l’aube de ce vendredi 28 novembre 2025, concernant les accusés dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État.Les peines de prison varient de 3 ans (l’avocat Ayachi Hammami) à 45 ans (l’homme d’affaires et lobyiste Kamel Eltaief).
Selon une source judiciaire, citée par l’Agence Tap, les peines prononcées à l’encontre des détenus varient entre 10 et 45 ans de prison, tandis qu’un accusé détenu a été relaxé.
Quant aux accusés en liberté, les peines varient entre 5 et 35 ans de prison, tandis que la justice a prononcé un non-lieu en faveur de deux accusés.
En ce qui concerne les accusés en fuite, le tribunal a confirmé les peines de prison prononcées à leur encontre en première instance (33 ans avec exécution immédiate), tout en les alourdissant pour certains d’entre eux (43 ans avec exécution immédiate).
Certains accusés ont été condamnés, en plus des peines de prison, à des amendes d’un montant variable et à la confiscation des fonds leur appartenant déposés sur des comptes ouverts dans des banques tunisiennes.
Plus précisément, Jaouher Ben Mbarek, Ghazi Chaouachi, Issam Chebbi (en détention depuis février 2023) et Chaima Issa (en liberté) ont vu leurs peines passer de 18 à 20 ans. La peine pour Abdelhamid Jelassi (en détention depuis février 2023) est passée de 13 à 10 ans, pour Ayachi Hammami (en liberté) de 8 à 5 ans et pour Néjib Chebbi (en liberté) de 18 à 12 ans.
Parmi les acquittés, il y a le directeur de Mosaïque, Noureddine Boutar et l’ancien ministre Lazhar Akremi.
Face à ces lourdes condamnations, les avocats des accusés continuent de dénoncer des irrégularités de procédure et de parler de procès inique et de dossiers vides de preuves judiciaires tangibles.
Avant le procès en appel qui s’est déroulé en trois séances à partir de fin octobre, l’ONG Human Rights Watch avait réclamé «l’annulation des peines injustes» prononcées en première instance, dénonçant notamment une absence de «garanties d’un procès équitable». Pour l’ONG, le procès s’est inscrit dans une campagne plus large de «répression» de «toute forme de critique ou dissidence».
La séance plénière conjointe de ce vendredi 28 juillet 2025 entre les membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et deux du Conseil national des régions et des districts (CNRD), consacrée à l’examen des dispositions du projet de loi de finances 2026 (PLF2026) est consacrée à la présentation du rapport conjoint des commissions des finances et du budget des deux chambres parlementaires sur le PLF2026, suivie d’un débat général.
Dans les jours suivants, les députés voteront d’abord certaines dispositions du projet de loi, notamment les affectations de missions et de missions spéciales ainsi que certains articles, puis sur la loi dans son ensemble.
Les membres du CNRD voteront ensuite sur la loi de finances 2026, telle qu’approuvée par l’APR, et qui doit être approuvée au plus tard le 10 décembre prochain, conformément aux dispositions de l’article 78, paragraphe 3, de la Constitution de 2022.
Cette loi combine des mesures sociales, des incitations ciblées et une augmentation des recettes grâce à des contributions spécifiques et de nouvelles taxes, en réponse aux besoins de trésorerie de l’Etat toujours couverts par l’emprunt extérieur et intérieur. C’est d’ailleurs là le principal grief retenu contre ce texte, qui serait, selon certains députés, copié et collé de la loi de finances de l’exercice en cours. Trop porté sur la fiscalité et pas assez sur la relance économique, à un moment où la croissance stagne, le déficit budgétaire se creuse et l’endettement s’aggrave, prévue à 85,5 du PIB en 2025 contre «seulement» 68% en 2019, selon la Banque mondiale.
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’oppose fermement au projet de loi de finances 2026 (PLF2026) et brandit la menace d’une grève générale, contestant notamment l’article 15 prévoyant un décret fixant les augmentations de salaires dans les secteurs public et privé, y compris les pensions, pour les années 2026, 2027 et 2028.
Latif Belhedi
L’alerte a été donnée par Sami Tahri, secrétaire général adjoint et porte-parole de l’UGTT, qui a déclaré à Express FM que l’inclusion de cette disposition dans le projet budgétaire constituerait une violation du mécanisme de consultation et une ingérence de l’État dans les négociations salariales, après des années de blocage du dialogue social dénoncé par le syndicat.
L’UGTT a officiellement demandé le retrait de l’article 15 et l’ouverture immédiate de négociations urgentes sur les salaires et les pensions du secteur public.
Concernant le secteur privé, elle insiste sur la reprise des négociations avec l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), la centrale patronale, pour 2025 et l’ouverture de celles pour 2026.
Rupture du dialogue
La prochaine réunion de la direction syndicale, prévue le 5 décembre, pourrait fixer la date d’une éventuelle grève générale, rappelant une position déjà adoptée par le Conseil national en 2024, si le blocage du dialogue social se poursuit.
Sur le plan institutionnel, les discussions parlementaires autour de l’article 15 du PLF 2026 se heurtent également à l’interprétation du gouvernement : le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a affirmé ces dernières semaines que l’approche du texte budgétaire en matière d’augmentations salariales est conforme aux procédures légales. Cette position a été rejetée par l’UGTT, qui souligne le rôle central de la négociation collective et rappelle la possibilité de recours devant le tribunal administratif contre tout décret ayant un impact sur les échelles de salaires couvertes par des conventions collectives.
Rappelons que cette polémique intervient sur un fond de quasi-rupture du dialogue entre le pouvoir exécutif (présidences de la république et du gouvernement) et la centrale syndicale. Celle-ci n’admet pas d’être écartée des négociations salariales auxquelles, traditionnellement, elles participaient activement en tant que porte-voix des salariés. Or, depuis l’avènement de Kaïs Saïed au Palais de Carthage, les décisions relatives aux salaires et aux pensions sont devenues du seul ressort de l’exécutif, qui les prenait et les annonçait de manière unilatérale.
Syndicalisme et politique
C’est une rupture par rapport à une tradition de dialogue social qui remonte aux années 1970 et qui impliquait le trois principaux protagonistes : le gouvernement, le patronat et le syndicat. Les négociations, qui avaient lieu à un rythme triannuel, étaient couronnées par une décision tripartite annoncée en grande pompe lors d’un événement national.
Le président Saïed, qui regarde d’un mauvais œil ce qu’il considère comme une interférence de l’UGTT dans les affaires politiques, cherche, depuis 2021, à réduire le rôle et le champ de manœuvre de la centrale syndicale. Laquelle, adossée à une forte assise populaire, revendique un rôle historique dans le mouvement de libération nationale et l’édification de l’Etat républicain moderne.
Le Prix Nobel de la Paix qu’elle reçut en 2015 (avec trois autres organisations nationale : Utica, LTDH et Conseil de l’Ordre des avocats), et ce pour sa participation au dialogue national ayant sorti le pays d’une impasse politique, l’a confortée dans ce rôle auquel elle s’attache fortement.
Par ailleurs, son opposition déclarée au régime mis en place par le locataire du Palais de Carthage au lendemain de la proclamation de l’état d’exception le 21 juillet 2021, et sa dénonciation récurrente des procès politiques initiés dans le pays depuis février 2023 n’ont pas arrangé son cas aux yeux de Saïed, qui semble déterminé à lui couper les ailes.
L’artiste Nora Gharyeni participera ce lundi 1er décembre 2025, à 10h30, à l’événement organisé au siège de l’Union tunisienne d’aide aux insuffisants mentaux (Utaim) à Montfleury (Tunis), à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du travail essentiel mené par l’Utaim, qui accompagne depuis de nombreuses années les enfants et les jeunes en situation de handicap intellectuel.
Artiste engagée, reconnue pour son sens du partage et sa sensibilité musicale, Nora Gharyeni voit dans cette initiative une opportunité de rappeler le rôle fondamental de la culture dans l’inclusion. Pour elle, la musique n’est pas seulement un art : c’est un langage universel, capable de dépasser les frontières, de créer des ponts et d’ouvrir des espaces d’expression à celles et ceux qui en sont souvent privés.
«La musique rassemble, apaise et éclaire. Elle permet à chacun de révéler sa beauté et son potentiel», affirme la chanteuse, qui place son intervention sous le signe de l’écoute, de la générosité et du lien humain.
En participant à cet événement, elle souligne l’importance de mobiliser la création et la scène culturelle au service d’une société plus attentionnée, plus solidaire et plus juste.
La visite du Prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed bin Salman à Washington la semaine dernière à Washington, D.C. a servi de catalyseur à une série d’annonces majeures qui positionnent Humain, la première plateforme d’intelligence artificielle (IA) du monde arabe, comme un acteur incontournable sur l’échiquier mondial de l’IA. Cette série de partenariats stratégiques et d’investissements ambitieux dessine les contours d’une entreprise résolument mondiale, bâtissant l’infrastructure de l’IA de demain.(Ph. Tareq Amin au centre).
Naamen Bouhamed *
Lors du U.S.-Saudi Investment Forum 2025, tenu le 19 novembre 2025 à Washington, D.C., Tareq Amin, Humain IA Ceo, a présenté les 9 annonces qui marquent la stratégie d’Humain IA et de l’Arabie Saoudite pour devenir le cœur de l’IA dans le monde arabe et dans le monde.
Voici les 9 annonces clés qui ont marqué cette semaine historique dans le développement de l’infrastructure saoudienne de l’IA Humain:
1- Humain réalise son premier investissement international dans Luma AI : elle mène la Série C de Luma AI avec une levée évaluée à 900 millions de dollars. Cet investissement vise à accélérer le développement d’intelligences multimodales de pointe et des prochains modèles fondateurs (foundation models). Les deux sociétés s’associent également dans le projet «Halo», un supercalculateur dédié à l’IA d’une puissance de 2 GW en Arabie Saoudite.
2- Humain et xAI (Elon Musk) lancent le premier hub international pour xAI : en dehors des États-Unis, xAI choisit Humain pour son premier hub international. Ce partenariat prévoit la construction de centres de données GPU hyperscale à faible coût en Arabie Saoudite, incluant un hub phare de 500 MW avec Nvidia. Les modèles Grok de xAI seront déployés à l’échelle nationale via la plateforme Humain One.
3- Humain s’associe à Global AI pour une expansion mondiale des data centers: Humain et Global AI unissent leurs forces pour construire des centres de données à grande échelle aux États-Unis et dans le monde. Ce projet inclura un campus de calcul haute densité avec des systèmes GPU refroidis par liquide, des systèmes «air-gap» et des contrôles complets de souveraineté des données.
4- Humain, Adobe et Qualcomm s’allient pour une IA générative culturellement intelligente : ce partenariat tripartite vise à développer une IA générative adaptée au monde arabe en s’appuyant sur Adobe Firefly et Creative Cloud, ainsi que sur les solutions Humain comme Allam. L’objectif est de codévelopper des modèles multimodaux formés à partir de jeux de données régionaux authentiques.
5- Humain et Nvidia renforcent leur partenariat stratégique : l’alliance avec Nvidia passe à la vitesse supérieure avec le déploiement prévu de jusqu’à 600 000 unités d’infrastructure IA en Arabie Saoudite et aux États-Unis. Cette collaboration permettra de faire avancer le développement de modèles d’IA d’abord arabes avec Nvidia Nemotron et de jumeaux numériques via Nvidia Omniverse.
6- Humain, AMD et Cisco forment une coentreprise pour 1 GW d’infrastructure IA : cette coentreprise ambitieuse a pour objectif de fournir jusqu’à 1 GW d’infrastructures d’IA d’ici 2030, en commençant par une première phase de 100 MW en Arabie Saoudite. Elle permettra de soutenir l’entraînement haute performance, l’inférence sécurisée et les infrastructures intelligentes de nouvelle génération.
7- Humain et Amazon Web Services (AWS) étendent leur collaboration : le partenariat avec AWS se renforce avec le déploiement de jusqu’à 150 000 accélérateurs d’IA, incluant les puces Nvidia GB300 et AWS Trainium, dans la première zone dédiée à l’IA en Arabie Saoudite.
8- Humain et Groq triplent la puissance du plus grand cluster saoudien : Humain annonce une extension majeure de son partenariat avec Groq, visant à tripler la capacité du plus grand cluster de calcul saoudien propulsé par la technologie Groq.
9- Ouverture du Centre d’ingénierie IA Qualcomm chez Humain : Qualcomm officialise le lancement de son Centre d’ingénierie IA au sein de Humain. Ce centre aura pour mission d’accélérer le développement des capacités avancées des data centers, l’ingénierie, l’intégration de modèles et bien plus encore.
Ces 9 annonces-accords vont permettre à Humain IA de devenir un acteur incontournable de l’IA dans le monde arabe face aux investissement du Qatar 1,2 trillion $ mais surtout d’Abu Dhabi 1,4 trillion$ dont le projet d’infrastructure Stargate aux Etats-Unis.
Reconnaissance mondiale et vision stratégique
Cette série d’annonces a été présenté il y a une semaine lors du Forum d’investissement États-Unis-Arabie Saoudite, où les dirigeants de Humain ont discuté avec leurs partenaires américains des prochaines étapes d’investissements dans le secteur de l’IA.
La reconnaissance de Humain IA aux Etats-Unis comme leader arabe et mondial a été encore soulignée lors du Gartner IT Symposium, où la plateforme a été citée aux côtés de géants comme OpenAI, Meta et DeepSeek, confirmant son ascension fulgurante dans le paysage de l’IA d’entreprise.
De Washington à Riyad, Humain IA n’est plus seulement un champion régional arabe de la zone Mena; c’est désormais une marque mondiale d’IA «full-stack», dont la vision est propulsée par une propriété intellectuelle unique, des produits innovants et un réseau de partenariats américains et internationaux stratégiques sans précédent. Bref, l’avenir de l’IA se construit désormais avec Humain en Arabie Saoudite comme cœur arabe et mondial de l’IA.
Humain et les projets arabes similaires
Entre Humain IA et les projets similaires dans la région Mena (Qatar et Abu Dhabi principalement), ce n’est pas une question de simple compétition, mais de leadership et de définition d’un nouveau paradigme.
Au-delà d’une concurrence avec les Émirats Arabes Unis ou le Qatar, Humain IA se positionne comme l’architecte de l’Écosystème IA arabe et un catalyseur de la souveraineté IA de la région Mena et, au-delà, sur le plan mondial. Cette approche globale le rend donc unique dans la région.
Ce positionnement de Humain IA repose sur 4 piliers distinctifs majeurs.
1. La vision : «Full-Stack Souverain» vs. «Projets Ciblés» :
– Humain Ia se présente comme une plateforme full-stack, maîtrisant toute la chaîne de valeur : Couche infrastructure : supercalculateurs (projet Halo), data centers (avec Nvidia, AWS, Groq); Couche modèles : développement de modèles fondateurs Arabs First (avec Nvidia Nemotron, xAI) et accès à des modèles mondiaux ; Couche application : solutions comme Allam et intégration avec Adobe Creative Cloud pour des applications métier.
Humain IA ne construit pas une simple application IA ; mais construit le système nerveux numérique de toute la région Mena.
Humain IA démontre une capacité unique à attirer et structurer des partenariats d’égal à égal avec les leaders incontestés du secteur (Nvidia, AWS, xAI, Adobe, AMD, Qualcomm). Ce n’est pas un simple client; c’est un co-développeur et un hub de déploiement global.
Humain a 1 argument phare : celui d’offrir un réseau mondial comme garantie technologique en Arabie Saoudite. Il apporte le meilleur de l’IA mondiale et l’adopte au contexte arabe accessible à tous dès aujourd’hui.
3. La spécialisation culturelle et linguistique arabe: « L’IA de Racinée» vs. «L’IA Traduite» :
Humain IA met l’accent sur le co-développement de modèles à partir de base de données régionales dans la zone arabe Mena (partenariats Adobe et Nvidia). L’objectif est une IA arabe qui comprend les nuances culturelles locales, dialectales et contextuelles des différentes régions (Afrique du Nord et Moyen-Orient voire par pays).
Humain propose une IA qui ne se contente pas de parler arabe, mais qui pense et comprend le contexte linguistique et culturel arabe.
C’est aussi un héritage de civilisation scientifique pluridisciplinaire qui va être transformé en base de données accessible à tout le monde.
4. Le Modèle : «Plateforme ouverte et Écosystème» vs. «Solution Fermée» : avec Human One, Humain IA se positionne comme une plateforme pouvant déployer aussi bien les modèles de xAI (Grok) que ses propres modèles. C’est une approche d’écosystème, pas de jardin clos (walled garden) comme des projets plus fermés qui sont destinés à un usage gouvernemental des États ou à une entreprise spécifique qui sécurise son R&D.
Humain IA construit ici un écosystème ouvert à tous, pas une forteresse mais une offre accessible à et qui permet à toutes les économies de la région Mena mais aussi du monde à innover sur cette plateforme unique dans le monde arabe.
En conclusion : Humain IA Saudi n’est pas un projet IA parmi d’autres. Il veut devenir l’architecte de la souveraineté IA du monde arabe.
En bâtissant l’infrastructure full-stack la plus puissante de la région Mena, en tissant des alliances mondiales exclusives et en développant une intelligence culturellement authentique, Humain offre au monde arabe la capacité unique de participer à la révolution IA en tant qu’acteur leader, et non suiveur. Il se donne ainsi pour ambition de faire du monde arabe un pôle mondial de l’IA de nouvelle génération.
La cible de Humain IA, les talents arabes en Tunisie, au Maroc, en Égypte et en Jordanie. Il adopte une posture de leader régional sur toute la zone Mena ouvert, pro-actif et intégrateur afin de devenir le leader arabe de l’IA.
Pour le recrutement, la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie et le Maroc sont des terrains de chasse exceptionnels par la qualité de leur formation d’ingénieurs. Ils y recruteront les ingénieurs IT & IA arabes talentueux qui font défaut dans le Golfe, en Arabie Saoudite mais aussi aux Etats-Unis et en Europe.
S’agissant des partenariats, Humain IA devrait lancer un programme «Humain Fellows» ou un fonds d’investissement pour identifier et financer les start-ups les plus prometteuses de ces pays voire sur l’ensemble de la zone Mena, avec pour objectif de les faire développer sur la plateforme Humain One.
Message clé pour ces pays arabes et leurs talents: «Humain construit l’infrastructure pour permettre aux talents exceptionnels du monde arabe de briller à l’échelle mondiale, sans avoir à quitter la région et même leur pays.» En résumé, les pays arabes représentent l’écosystème étendu qu’Humain a le potentiel de fédérer et sur lequel le projet peut s’appuyer pour concrétiser son ambition de leadership et de souveraineté IA panarabe.
* Président-Ceo de Alwen International, Middle East Business Consultant.
L’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, et la directrice de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS) à Tunis, Isabella Lucaferri, ont visité, le 24 novembre 2024, les projets de coopération italienne à Rjim Maatoug et El Mahdeth, dans le gouvernorat de Kebili.(Photos : Alessandro Punas plantant un palmier et inspectant l’évolution du projet El Mahdeth).
L’ambassade d’Italie en Tunisie a annoncé la nouvelle sur ses canaux de communication, précisant que «le nouveau bâtiment administratif et le réservoir de collecte d’eau ont été inaugurés à Rjim Maatoug».
«Un impact concret sur les territoires et de nouvelles perspectives pour la population : tels sont les piliers de l’engagement de la coopération italienne en Tunisie», a souligné M. Prunas, ajoutant que «Rjim Maatoug en est un parfait exemple : plus de 2 500 hectares de désert sont désormais consacrés à la production agricole, assurant des moyens de subsistance à 8 000 personnes et transformant la région en un véritable catalyseur d’investissements.Nous réitérons ce succès à El Mahdeth, en transformant 1 050 hectares supplémentaires de terres désertiques en terres productives. Les besoins des communautés locales et le développement territorial sont au cœur du partenariat italo-tunisien.»
Rjim Maatoug est un projet phare de la coopération italienne, qui a inspiré des initiatives similaires dans les zones limitrophes. Ces oasis s’appuient sur une logique inspirée des dynamiques des oasis traditionnelles, tout en intégrant une conception moderne de l’agriculture et une utilisation plus rationnelle de la principale ressource de ces régions : l’eau, comme l’indique un article de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).
Le stress hydrique s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux les plus critiques pour les pays du Sahel et d’Afrique du Nord. L’effet conjugué du changement climatique, de l’irrégularité des précipitations et d’une démographie en forte croissance aggrave la vulnérabilité hydrique de la région, au point que plusieurs études prévoient une situation critique dès 2030. Avec une disponibilité inférieure à 450 m³ d’eau par habitant et par an, la Tunisie se trouve désormais en situation de pénurie hydrique absolue. Dans ce contexte, la nappe de l’Albien apparaît comme une alternative stratégique, susceptible de fournir une ressource vitale pour plusieurs décennies. Un réservoir d’eau souterrain parmi les plus vastes au monde.
Lassaâd Bouazzi *
La nappe de l’Albien, ou Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), est une réserve d’eau fossile non renouvelable couvrant environ un million de kilomètres carrés (deux fois la surface de la France) entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie. Sa répartition territoriale est estimée à 70 % pour l’Algérie, 20 % pour la Libye et 10 % pour la Tunisie. Avec un volume de près de 60 000 milliards de mètres cubes (environ trois fois le volume d’eau de la mer Baltique), elle constitue le plus grand réservoir d’eau douce souterraine de la planète.
Une ressource aussi stratégique représente une opportunité considérable pour le développement agricole et économique, mais elle demeure également une source potentielle de tensions si elle n’est pas gérée de manière coopérative. L’idée selon laquelle les conflits futurs auront pour enjeu l’accès à l’eau fait désormais consensus parmi les experts.
Des accords fragilisés et une gouvernance insuffisante
En 2008, un accord tripartite signé sous l’égide de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), une organisation onusienne dont le siège se trouve à Tunis, avait établi un cadre de coopération pour gérer durablement la nappe. Toutefois, la chute du régime libyen en 2011 a profondément fragilisé ce cadre institutionnel. Le mécanisme de concertation du SASS, auparavant hébergé par l’OSS, n’est plus opérationnel depuis plusieurs années.
Cette absence de coordination s’est manifestée en 2016 lorsqu’un différend a opposé la Libye à l’Algérie, cette dernière accusant Tripoli d’un pompage excessif non conforme aux règles convenues, entraînant une dégradation de la nappe.
En 2024, un nouvel accord tripartite a été signé et ratifié par la Tunisie (décret n°23 de l’année 2025). Toutefois, ce texte ne fixe ni quotas d’extraction ni calendrier détaillé, ce qui limite encore sa portée pratique.
Rjim Maatoug, un modèle pionnier mais limité
La Tunisie a été parmi les premiers pays à mobiliser les eaux de l’Albien pour un projet structurant. En 1980, le président Habib Bourguiba avait lancé le projet de développement intégré de Rjim Maatoug, dans le gouvernorat de Kébili. Ce programme stratégique visait à fixer les populations dans une région frontalière sensible et à renforcer la production nationale de dattes «deglet nour». Il constitue aujourd’hui une réussite agricole et socio-économique, bien que sa consommation en eau reste maîtrisée.
Depuis lors, l’exploitation tunisienne de la nappe est restée limitée en raison de contraintes financières, technologiques et environnementales.
Les ambitions agricoles algériennes à grande échelle
À l’inverse, l’Algérie a engagé ces dernières années une politique d’exploitation intensive de la nappe dans un objectif de sécurité alimentaire et d’exportation. Deux projets phares illustrent cette dynamique.
1- Le projet algéro-italien de Timimoun : destiné à la mise en valeur de 36 000 hectares dédiés aux céréales, légumes et soja, ce programme d’un montant de 420 millions d’euros comprend également des unités de transformation agroalimentaire, des silos de stockage et des infrastructures de base (routes, énergie, télécommunications).
2. Le projet algéro-qatari pour la production laitière : prévu pour 2026, ce projet d’un montant de 3,5 milliards d’euros inclut des fermes fourragères, un cheptel d’environ 80 000 têtes et une usine de production de lait en poudre. Ce projet vise à réduire la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des importations et à améliorer sa sécurité alimentaire.
Quels enjeux pour la Tunisie ?
La Tunisie, disposant de ressources financières limitées, doit aujourd’hui envisager une stratégie claire pour garantir son accès à cette ressource vitale. Deux pistes prioritaires se dégagent :
1- renforcer la coopération internationale afin d’attirer des investissements dans les projets agricoles et industriels, en valorisant ses atouts en matière de compétences humaines et techniques;
2- consolider le cadre juridique tripartite pour garantir son quota d’exploitation et protéger la nappe, notamment face aux projets algériens d’extraction du gaz de schiste et de production d’hydrogène vert, deux activités susceptibles d’accélérer l’épuisement et la contamination de la ressource.
La nappe de l’Albien représente à la fois une opportunité exceptionnelle et un défi considérable pour les pays du Maghreb. Son exploitation doit impérativement s’inscrire dans une logique de coopération transfrontalière et de durabilité. Sans gouvernance rigoureuse, cette ressource stratégique pourrait devenir un facteur d’instabilité, dans une région déjà fragilisée par les pressions climatiques et économiques.
La Banque mondiale (BM) prévoit une croissance économique tunisienne de 2,4 % en moyenne sur la période 2026-2027, principalement tirée par le tourisme et l’agriculture.Lodewijk Smets, économiste de la BM pour la Tunisie, a fait cette déclaration lors d’une table ronde présentant la dernière mise à jour économique, intitulée «Renforcer les filets de sécurité sociale pour plus d’efficacité et d’équité».
Selon le rapport, la croissance à moyen terme (2026-2027) devrait rester modérée en raison d’un environnement financier tendu et d’obstacles à l’entrée sur le marché.
À court terme, l’incertitude croissante pesant sur le commerce mondial, la disponibilité limitée des financements extérieurs et les efforts continus pour réduire la dépendance énergétique pourraient peser sur la croissance et la stabilité macroéconomique.
La BM note que les perspectives à moyen terme de la Tunisie pourraient s’améliorer sensiblement si le pays mettait en œuvre des réformes visant à renforcer sa politique budgétaire, moderniser les entreprises publiques et promouvoir une plus grande concurrence sur le marché.
L’économiste a souligné que les finances publiques et la position extérieure de la Tunisie devraient se stabiliser à moyen terme. Le déficit devrait légèrement diminuer pour atteindre 4,4 % du PIB en 2027, grâce aux efforts déployés pour maîtriser la masse salariale et les subventions au secteur public.
Pour 2025, la BM prévoit un déficit budgétaire de 5,7 % du PIB, avec une croissance modérée des subventions et de la masse salariale, ainsi qu’une augmentation modérée des recettes fiscales. M. Smets a noté que le gouvernement avait entamé un processus d’assainissement des finances publiques.
Le déficit budgétaire de la Tunisie a diminué, passant de 9 % du PIB en 2020 à 6,3 % en 2024, grâce à une combinaison de mesures relatives aux recettes et aux dépenses.
Au cours des huit premiers mois de 2025, les recettes ont progressé par rapport à la même période de l’année précédente suite à la mise en œuvre de plusieurs mesures fiscales. Par ailleurs, les autorités sont parvenues à maîtriser la croissance de la masse salariale du secteur public, qui demeure néanmoins élevée au regard des normes internationales.
La BM prévoit une légère baisse de la dette publique, qui devrait s’établir à 83,6 % du PIB en 2027, contre 84,5 % en 2024.
L’économiste a noté que la dette publique tunisienne avait augmenté, passant de 68 % du PIB en 2019 à 84,5 % en 2025, le pays dépendant de plus en plus du financement intérieur – une tendance qui, selon lui, témoigne de la réussite du gouvernement dans la stabilisation du niveau d’endettement public.