Normale Ansicht

Crise de l’eau: plus de 300 alertes citoyennes enregistrées en mai 2026

08. Juni 2026 um 10:01

L’accès à l’eau continue de susciter de vives préoccupations en Tunisie. Selon les données de la « Carte de la Soif », publiée par l’Observatoire tunisien de l’eau (OTE), quelque 302 alertes citoyennes liées à des problèmes d’approvisionnement en eau ont été recensées durant le mois de mai 2026.

La majorité de ces signalements concerne des coupures d’eau potable non annoncées par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE). À elles seules, ces interruptions représentent 266 alertes. L’observatoire a également enregistré 12 mouvements de protestation réclamant le droit à l’accès à l’eau ainsi que 15 cas de fuites sur le réseau national de distribution.

Sur le plan régional, le gouvernorat de Ben Arous arrive en tête des zones les plus touchées avec 26 alertes recensées au cours du mois. Il est suivi par Gafsa (25 alertes), Kasserine (23 alertes) et Tunis (22 alertes).

Ces chiffres témoignent de la persistance des difficultés d’accès à l’eau dans plusieurs régions du pays, notamment à l’approche de la saison estivale, marquée par une hausse de la demande et une pression accrue sur les ressources hydriques.

Pour rappel, l’Observatoire tunisien de l’eau est une initiative associative lancée en 2016 par l’association Nomad 08. Son objectif est de surveiller la situation hydrique en Tunisie et de défendre le droit d’accès à l’eau pour tous les citoyens.

L’article Crise de l’eau: plus de 300 alertes citoyennes enregistrées en mai 2026 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Eau potable cet été : La Tunisie mieux armée, mais toujours sous tension

30. Mai 2026 um 08:34

Le secrétaire d’État chargé des Eaux, Hamadi Habib, a appelé vendredi 29 mai 2026 à renforcer les préparatifs pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable durant l’été, lors d’une réunion de suivi consacrée aux projets de développement dans les gouvernorats de Tunis et Ben Arous.

Le message se veut préventif : la situation hydrique s’est améliorée par rapport aux années de sécheresse récentes, mais la Tunisie reste vulnérable. Le manque de pluies significatives ces dernières semaines, la hausse des températures, l’évaporation et l’état du réseau de distribution maintiennent le système sous pression.

Des réserves meilleures, mais un équilibre fragile

Début mai, le taux de remplissage des barrages avait atteint environ 67%, avec des apports cumulés estimés à 1,56 milliard de mètres cubes depuis le début de l’année hydrologique — un niveau nettement supérieur à celui des dernières années.

Depuis, les températures montent et les réserves peuvent rapidement reculer sous l’effet de l’évaporation et de la consommation estivale. Les autorités n’ont pas communiqué, cette semaine, de chiffre national actualisé permettant de mesurer précisément l’évolution récente.

Cette amélioration contraste avec les années 2022-2024, marquées par des niveaux très bas. Elle ne signifie pas pour autant que la Tunisie est sortie du stress hydrique. Les ressources restent inégalement réparties entre les régions et les marges demeurent limitées dans plusieurs zones.

L’été, le vrai test pour le réseau

La saison estivale est traditionnellement la période la plus critique. La consommation augmente, les besoins d’irrigation s’intensifient et les fortes chaleurs accentuent les pertes par évaporation.

Hamadi Habib avait indiqué, le 30 mars 2026 sur Diwan FM, en marge de la signature de programmes de recherche consacrés aux ressources hydriques, que la Tunisie peut perdre en été près d’un million de mètres cubes d’eau par jour à cause de l’évaporation dans les barrages. Il avait précisé que ce volume équivaut à la consommation cumulée du Grand Tunis, de Nabeul, du Sahel et de Sfax.

À cette contrainte climatique s’ajoute la fragilité des infrastructures. Selon des données présentées en mars lors d’un forum à Hammamet, les pertes sur le réseau d’eau potable restent très élevées au niveau national, notamment en raison du vieillissement des canalisations et des défaillances techniques.

Sur les 59.000 km du réseau de la SONEDE, 14.000 km ont plus de cinquante ans, soit environ 24% du total. Plus de la moitié du réseau dépasserait également les trente ans.

C’est là que se joue une partie essentielle de l’été : même lorsque la ressource existe, son arrivée régulière au robinet dépend de la capacité du réseau à tenir.

Une amélioration à ne pas confondre avec une sortie de crise

L’été 2026 s’ouvre dans une situation moins critique que les années précédentes, sans être confortable pour autant. Les barrages offrent un répit, mais l’évaporation, les besoins agricoles, les disparités régionales et le vieillissement du réseau rappellent que disposer de l’eau ne suffit pas.

Encore faut-il la préserver, la répartir et l’acheminer sans rupture.

Lire aussi:

L’article Eau potable cet été : La Tunisie mieux armée, mais toujours sous tension est apparu en premier sur webdo.

Banque mondiale : 332,5 millions de dollars pour sécuriser l’eau en Tunisie et soutenir l’agriculture

02. April 2026 um 08:36

La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le stress hydrique. Le Conseil des administrateurs du Banque mondiale a approuvé un financement de 332,5 millions de dollars, soit près de 971 millions de dinars, destiné à deux projets structurants pour l’eau potable et l’irrigation.

Cette enveloppe constitue la première phase d’un programme global de 700 millions de dollars sur dix ans, pensé pour renforcer durablement la résilience du pays face à la raréfaction de la ressource et aux effets du changement climatique.

Irrigation : quatre gouvernorats ciblés pour relancer la productivité agricole

Le premier volet, doté de 124 millions de dollars, est consacré à la résilience et à la valorisation de l’eau d’irrigation. Il vise la réhabilitation d’infrastructures stratégiques dans les gouvernorats de Jendouba, Béja, Bizerte et Siliana, avec pour objectif d’améliorer les performances des réseaux publics irrigués et d’augmenter les rendements agricoles.

Le projet prévoit également le renforcement des capacités de gestion des structures régionales agricoles et des groupements d’usagers de l’eau, ainsi qu’un accompagnement des agriculteurs vers des technologies climato-intelligentes et des filières à plus forte valeur ajoutée.

Au total, près de 13.000 agriculteurs devraient bénéficier directement ou indirectement de ce programme, tandis que le chantier devrait générer 3400 emplois permanents et environ 7000 postes temporaires, notamment dans la construction.

Eau potable : Zarat, compteurs intelligents et réseaux modernisés

Le second projet, plus important avec 208,5 millions de dollars, cible la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et le renforcement des performances de la SONEDE.

Au cœur du dispositif figure l’extension de l’usine de dessalement de Zarat à Gabès, dont la capacité passera de 50.000 à 100.000 m³ par jour. Cette montée en puissance doit garantir une desserte plus fiable pour les populations de Gabès, Médenine et Tataouine.

Le projet comprend aussi le déploiement de 100.000 compteurs intelligents, la réhabilitation des réseaux à Sfax, Tozeur et Kébili, ainsi qu’une modernisation organisationnelle de la société nationale afin de réduire les pertes d’eau et améliorer la qualité du service.

Selon les estimations, 2,3 millions de personnes profiteront d’une distribution plus stable et durable, dont 224.000 habitants bénéficiant d’une alimentation continue et 440.000 autres d’une meilleure qualité d’eau. Ce chantier devrait également créer 600 emplois permanents et près de 6000 emplois temporaires.

Un programme sur dix ans avec l’assainissement comme prochaine étape

Pensé sous forme de programme multi-phases, ce partenariat entre la Tunisie et la Banque mondiale repose sur une stratégie progressive : diversification des ressources, modernisation des opérateurs et généralisation des solutions éprouvées.

Après cette première étape centrée sur l’eau potable et l’agriculture irriguée, la prochaine phase devrait placer l’ONAS au premier plan, avec un accent particulier sur l’assainissement, le traitement et la réutilisation des eaux usées.

Pour Alexandre Arrobbio, responsable des opérations de la Banque mondiale en Tunisie, cet engagement traduit la volonté du Groupe – y compris Société financière internationale et Agence multilatérale de garantie des investissements – d’accompagner le secteur de l’eau tunisien sur le long terme, dans une logique de sécurité hydrique globale et durable.

L’article Banque mondiale : 332,5 millions de dollars pour sécuriser l’eau en Tunisie et soutenir l’agriculture est apparu en premier sur webdo.

❌