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Heute — 29. November 2025Haupt-Feeds

Journées théâtrales de Carthage : le théâtre tunisien entre vision artistique et réalités contemporaines selon Taoufik Jebali

Von: walid
29. November 2025 um 12:50

Le Forum international du théâtre, dans le cadre des 26ᵉ Journées théâtrales de Carthage, a consacré sa deuxième journée mardi à une rencontre avec Taoufik Jebali, figure emblématique du théâtre tunisien, pour un retour sur son parcours artistique et sur les défis de la scène contemporaine.

● Un parcours de plus de cinquante ans

La rencontre a été introduite par le critique Lotfi Arbi Snoussi, qui a rappelé le rôle de Jebali dans le théâtre tunisien. Fondateur de l’espace El Teatro en 1987, il a signé de nombreuses œuvres marquantes dont des adaptations de la littérature mondiale : Othello (Shakespeare), Le Fou (Gibran Khalil Gibran) et Malédiction, pièce inspirée de Suite 1 du Français Philippe Minyana.

Klem Ellil (Paroles de nuit), une série de pièces de théâtre satiriques à succès créée par l’artiste, est l’œuvre emblématique de Jebali.

Cet acteur et metteur en scène est également auteur de plusieurs ouvrages en arabe autour du théâtre dont « Je ne suis pas le metteur en scène qu’il vous faut », publié récemment chez Sud éditions.

● Le théâtre tunisien entre vision et réalité

Jebali a dressé un constat critique de la scène tunisienne : « La professionnalisation a fini par prendre le pas sur la vision artistique », soulignant la multiplication des one-man-shows, conséquence des difficultés de production et de la demande du public pour des comédies légères.

L’artiste a par ailleurs dénoncé l’absence d’une politique culturelle cohérente, rappelant que le théâtre « ne peut remplir son rôle dans un système instable ». Il a insisté sur la nécessité d’allier exigence esthétique et accessibilité, notant que même les œuvres sérieuses doivent « offrir un plaisir visuel et intellectuel ».

Jebali est aussi revenu sur la réception parfois décalée du public, citant l’exemple de Klem Ellil, « interprétée à tort comme une critique politique directe ».

Placé sous le thème « L’artiste de théâtre, son temps et son œuvre », le forum offre une plateforme d’échanges et de partager d’expériences pour penser le théâtre, rassemblant artistes dramaturges, auteurs dramatiques, metteurs en scène ainsi académiciens issus de différents pays.

Les travaux du forum, se poursuivent mardi avec des interventions de la Colombienne Adelaide Palacio, du dramaturge tunisien Ezzedine Madani, du Russe Koulov Tomour et de l’Italien Fabio Tolledi.

La journée inaugurale avait réuni notamment Fadhel Jaïbi, Khaled Galal (Égypte), Latefa Ahrar (Maroc), Mohamed Messaoud Driss (Maroc) et Abderrahmane Kamaté (Côte d’Ivoire).

Les rencontres s’achèveront mercredi avec des interventions de : la Tunisienne Emna Zine Ben Cheikha, le Soudanais Ali Mehdi, le Français Patrice Pavis et l’Irakien Salah al-Kassab, dont le prix annuel, “Prix Salah al-Kassab de la création théâtrale arabe”, a été attribué cette année au metteur en scène tunisien Fadhel Jaïbi. Cette distinction salue son rôle majeur dans l’évolution du théâtre tunisien et arabe.

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Vient de paraître | Les confessions de Taoufik Jebali

26. November 2025 um 10:47

Avec son humour habituel, entre ironie et sarcasme, l’auteur, metteur en scène, comédien et directeur de l’espace El Teatro à Tunis, Taoufik Jebali vient de publier un livre en arabe intitulé ‘‘Je ne suis pas l’homme de théâtre qui convient» ou, si l’on veut aussi, «convenable». L’ouvrage disponible dans les librairies et à l’espace El Teatro est une réflexion rétrospective sur le parcours riche, original, exemplaire et parfois déroutant de l’auteur de la célèbre série ‘‘Klem Ellil’’ qui continue de faire rire et, surtout, d’interpeller l’intelligence de ses contemporains.  

Latif Belhedi

Taoufik Jebali se distingue des autres sommités du théâtre en Tunisie par son scepticisme pessimiste et misanthrope. 

Autodidacte génial qui a su mener sa barque avec bravoure et panache, il a suffisamment de courage intellectuel et de rigueur morale pour jeter un regard critique sur son expérience artistique et celle des figures importantes de la scène tunisienne et arabe a cours des cinquante dernières années.

Livre de mémoire ? Testament ? Non, il s’agit d’une réflexion libre et débridée sur la pratique théâtrale et ses différentes dimensions : artistique, sociale, politique…

«Mon parcours théâtral est le fruit de nombreuses intersections cognitives et esthétiques, qui ne se sont pas formées dans un contexte linéaire ni selon une idée préconçue, mais se sont plutôt cristallisées à travers des accumulations psychologiques précoces, d’intenses expériences de terrain et un contact continu avec les discours littéraires et philosophiques qui ont caractérisé la seconde moitié du XXe siècle. Ces éléments, par leur imbrication, ont contribué à la formulation d’un projet théâtral fondé sur la remise en question du langage, le démantèlement des récits préétablis et la mise en lumière des aspects fragiles de l’existence humaine», déclare Taoufik Jebali.

«Mon parcours artistique a coïncidé avec de profonds bouleversements culturels, marqués par une rébellion contre les structures classiques et la prédominance des approches psychologiques traditionnelles du jeu d’acteur. Dans ce contexte, j’ai cherché à élaborer un langage théâtral singulier, privilégiant la concision. Qui utilise le vide, le silence et des images intenses comme outils cognitifs avant même qu’ils ne deviennent des éléments esthétiques. Cette approche m’a permis de transcender les limites du récit dramatique linéaire et de me rapprocher de la nature synthétique et expérimentale du théâtre contemporain», ajoute-t-il.

Evoquant son expérience avec la comédie, le directeur d’El Teatro, qui a formé toute une générations de dramaturges et de comédiens, explique qu’il «ne la perçoit pas comme un simple divertissement ou une construction légère, mais plutôt comme un masque permettant au discours théâtral d’explorer les aspects les plus sombres de l’existence humaine. Les éléments comiques dans mon travail ne sont pas des fins en soi, mais servent à instaurer une distance critique qui nous permet de déconstruire la violence inhérente à la vie quotidienne, de mettre au jour les contradictions du langage et de révéler la fragilité des relations humaines.»

«Cet usage de la comédie comme un simple instrument est l’essence même de l’‘‘illusion’’ : la scène paraît comique en surface, alors que son but sous-jacent est de détruire les certitudes du spectateur, lui faisant comprendre que le rire n’est qu’un masque temporaire dissimulant une angoisse plus profonde», explique encore l’auteur de ‘‘Femtella’’, dont le théâtre exprime l’inutilité des choses et l’absurdité de l’existence, un théâtre qui tourne autour de la crise de l’expression, de la difficulté de dire et de l’impossibilité de communiquer. 

«Le problème de la forme se pose avec insistance à cet homme de théâtre d’exception: les solutions qu’il apporte le mettent aux antipodes de tout ce qui se présente dans le théâtre arabe, et lui font tendre des passerelles secrètes avec les expériences les plus avant-gardistes sur la scène internationale», note un critique, qui invoque, à son propos, Woody Allen et Arrabal.

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