
Par Zouhaïr Ben Amor - Il y a dans le gaz et le pétrole de schiste une promesse qui revient sans cesse dans le discours énergétique contemporain: celle d’une abondance retrouvée, d’une souveraineté reconquise, d’un sous-sol enfin mis au service de la croissance. À écouter ses défenseurs, il suffirait de perfectionner les techniques, d’encadrer les forages, de surveiller les fuites, pour transformer une ressource controversée en solution pragmatique. Mais cette promesse, si séduisante soit-elle, repose sur un geste plus profond: celui qui consiste à considérer la terre comme un réservoir qu’il faudrait sans relâche ouvrir, fissurer, drainer, rentabiliser. Le gaz et ...